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(depuis 40 jours)

Retrait Linky : remettez-moi un compteur non communicant

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Enedis ou ses sous-traitants vous ont mis un compteur communicant Linky alors que vous n'en vouliez pas, ou bien vous avez changé d'avis et vous n'en voulez plus : ce site est fait pour vous.

Site gratuit uniquement destiné à demander le retrait des compteurs Linky.

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Mais combien sommes-nous SANS Linky ?

Vous non plus, vous n'avez pas de Linky ?
Combien de récalcitrants n'ont pas de Linky ?  Comptons-nous, signez ici Lire le texte de la pétition
 

Lettrinfo 12 mars 2022

Refuser Linky est gratuit.
Futé : la relève mensuelle gratuite.
 

Oui certes, mais, à partir de 2025, j'aurai peut-être à payer 50 € par an pour deux relèves humaines par an ! 25 € la visite, c'est comme chez le toubib donc. Pas cher payé pour un peu de liberté. D'ailleurs, le compteur blanc est toujours en vente.
 

La CRE réclame cela depuis 2015 au moins ! Non, ce n'est pas un scoop chers chiens de garde, spécialistes de la défakation des niouzes ! Dans une délibération du 3 mars 2016 «portant sur la tarification des prestations annexes», elle considère «justifié que les consommateurs qui n'ont pas laissé l'accès au compteur se voient facturer une prestation de relève à pied résiduelle, compensant les surcoûts occasionnés, mais que cette prestation ne peut être mise en place à ce stade, à défaut de connaître l'ampleur de ces surcoûts».

A lire aussi Stéphane Lhomme 09/03/2022


Mon changement de fournisseur

Je viens de revenir chez EDF, après trois ans chez Mint, ainsi la mensualité est passée de 123 à 84 euros. Mais Linky n'est pas entré chez moi à cette occasion, pourtant, il a essayé. 
Mars 2022, je n'ai toujours pas de Linky. Et la campagne présidentielle ne parle jamais de mes préoccupations. Ah si ! Il vont tous accélérer la production d'électricité et continuer la connexion totale et la robotisation du monde. 
Mais j'ai encore la chance d'accueillir chez moi des humains ! Car Madame Enedis est venue sonner chez moi le 21/02/2022.   Alors que l'un des avantages du Linky, un gain pour le consommateur, serait de me priver de ce contact humain !

A lire aussi  Changement de fournisseur, toujours pas de Linky


Comme l'a expliqué le Collectif Vallon en décembre 2021, comme Stéphane Lhomme le rappelle régulièrement depuis au moins 2015, comme je le développe sur mon site depuis février 2018, le refus du Linky évite  des incendies, des arnaques, des pannes. Le refus du Linky est aussi une occasion de sortir de l'infantilisme dans lequel on nous plonge, et auquel tant de gens s'habituent...

A lire aussi  Collectif Vallon 12/2021   

Linky ne sert pas à faire des économies ; tout le monde voit bien qu'il n'est question que de l'accélération de l'augmentation de la consommation d'électricité, avec la vente d'innombrables gadgets connectés, l'explosion des climatiseurs, pompes à chaleur, le volume astronomique de données, vidéo notamment, du "cloud"... Mais Linky, c'est déjà de l'Histoire.

 L'auto-relève mensuelle et les photos d'index

   Nul besoin d'espace client ; ce lien suffit  https://www.enedis.fr/faire-le-releve-en-ligne

 L'idéal, c'est bien d'envoyer le relevé à Enedis. Je le fais chaque mois. Montrons donc que nous ne sommes pas des clients muets, que nous savons, sans Linky, surveiller et maîtriser notre consommation ! Je dispose des photos de mes deux index mensuels depuis 2015, et ça m'a fait économiser des sous.  Envoyer sur le site de Mint c'est possible, mais ils écrivent bien que c'est juste pour notre usage personnel (moi c'est le tableur Excel) ; et sur le site d'Edf, il n'est possible d'envoyer ledit relevé qu'à certaines dates.

J'ai donc les preuves de mes index sur les photos horodatées par le serveur de mon opérateur de téléphonie et aussi la confirmation écrite  par Enedis de mon autorelevé. Avis à ceux qui ont à subir des surfacturations.

Pourquoi ne faites-vous pas de photos de vos index, seul moyen de preuve contre une erreur d'Enedis ou de votre fournisseur ? Réagissez-donc à cet article et dites-moi.

 A lire aussi Preuves Photographiques à l'appui 

   

Bien sûr on vous signale que c'est dans l'attente de la pose d'un Linky, et en effet, si je déménage, si je décède, il est possible que la résistance disparaisse avec moi ; car combien sommes-nous d'Ohms résistants en France ? D'après Enedis, plus d'un million quand même...

Relevé pour Enedis 2022mars09.jpg

Relevé pour Enedis confirmation 2022mars09.jpg

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Reporterre : On nous demandait de mentir au client

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Document poseurs interne non sourcé

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Linky, un ancien installateur raconte : « On nous demandait de mentir au client »

https://reporterre.net/Linky-un-ancien-installateur-raconte-On-nous-demandait-de-mentir-au-client

2 octobre 2018 / Maud de Carpentier (Reporterre) 

Thierry est électricien. Il a posé des compteurs Linky pour un prestataire de service d’Enedis pendant un an. Entre formation sommaire, prime au rendement et contrôle strict des techniciens, il raconte à Reporterre les coulisses du déploiement du compteur communicant.

Thierry est électricien. Il a posé des compteurs Linky pour un prestataire de service d’Enedis pendant un an. Entre formation sommaire, prime au rendement et contrôle strict des techniciens, il raconte à Reporterre les coulisses du déploiement du compteur communicant.

Thierry : « Nous n’avons pas eu de formation pratique, seulement de la théorie, pendant un mois. Comment voulez-vous que les gens fassent bien leur boulot si on ne leur explique pas les différences entre les compteurs et toutes les installations électriques possibles ? »

Mais pour l’ancien salarié, le problème de base vient de la formation reçue par les nouveaux recrutés. Il en rigole tellement le contenu le désespère. « Nous n’avons pas eu de formation pratique, seulement de la théorie, pendant un mois. Comment voulez-vous que les gens fassent bien leur boulot si on ne leur explique pas les différences entre les compteurs et toutes les installations électriques possibles ? » Du côté d’Enedis et d’Energy Dynamics, on assure « qu’une formation spécifique et de qualité est donnée aux techniciens, pendant un peu moins d’un mois ».

« La prime me faisait avancer. J’en arrivais à un point où je posais un compteur, quoi qu’il arrive, allant même jusqu’à 18 ou 19 »

« En plus du salaire de 1.600 euros brut par mois, on est payés à la prime : 2 euros brut par compteur posé », une prime versée à condition que le quota journalier de compteurs à poser soit atteint. Un quota écrit, chaque jour, par le chef sur le tableau de leur local : « Aujourd’hui, 10 compteurs », parfois 12, parfois plus.

« Si on maintient la cadence d’une dizaine de compteurs par jour, on arrive en moyenne à 400, 500 euros bruts de prime par mois. » Une somme importante pour certains installateurs, qui s’emballent vite. C’est le cas de « M. », un autre poseur de compteurs Linky qui tient à garder l’anonymat. « La prime me faisait avancer, confie-t-il à Reporterre. J’en arrivais à un point où je posais un compteur, quoi qu’il arrive, allant même jusqu’à 18 ou 19. Que l’installation électrique soit mauvaise ou pas. » Évidemment, plus l’installateur est « efficace » aux yeux d’Energy Dynamics, plus il est récompensé et donné en modèle aux autres. Certains se voient même gratifiés du titre de « meilleur poseur national » et reçoivent des chèques cadeaux. À l’inverse, à la moindre baisse du nombre de compteurs posés, la pression revient vite. « Ils savent parfaitement où on est,explique Thierry, et combien de temps l’intervention est censée nous prendre. » En moyenne, Enedis compte 30 minutes pour une pose de compteur. « Si je mettais trop de temps, je recevais un coup de fil : “Tu es où ? Tu fais quoi ? Pourquoi le compteur n’est pas posé ?” »

Sur cette question de quota, Antoine Mazeau, d’Energy Dynamics, préfère le terme d’« objectif »« Je ne vois pas où est le mal, nous dit le directeur exécutif de l’entreprise, dans beaucoup de métiers, il y a des primes à l’objectif. Si le technicien est efficace, tant mieux pour lui, s’il l’est moins, il gagnera seulement son salaire de base. »

Sauf que cette pression de l’objectif est bien réelle, elle est incarnée par un chef d’équipe. Thierry lui-même a été nommé « référent » au début de son embauche. « En réalité, j’étais chargé de contrôler le boulot de mes collègues. Je devais repasser derrière leur installation, voir s’ils avaient bien ou mal fait. » Thierry a tenu un mois à ce poste, avant de déchanter. « On m’a accusé d’être trop gentil avec les installateurs. » Un document diffusé en interne en février 2017 ne laisse pas de doute sur la technique de management : il demandait aux chefs d’équipe de mettre « une pression quotidienne afin d’obtenir des résultats ». Signé par le directeur technique de l’entreprise, et envoyé à tous les « référents » de France, on leur précisait même : « Verbalement, vous pouvez rajouter les sanctions qu’ils peuvent encourir (pénalités, avertissement, licenciement). »

Interrogé par Reporterre, Antoine Mazeau dit n’avoir jamais eu connaissance de ce courriel, et conteste en bloc le terme de « pression ».

Comme on peut le lire dans ce document, Enedis semble étranger à cette technique de management. Sur ce sujet, le fournisseur d’énergie nous assure : « Enedis n’impose pas de cadence, c’est la liberté d’organisation des entreprises et leur stratégie managériale. » Idem pour les primes aux compteurs : « Ça relève du partenaire. » Pas de carotte pour avancer du côté d’Enedis donc, mais, parfois, le bâton.

Le géant de l’énergie parle lui de « contrôle de qualité ». Au moyen des enquêtes de satisfaction des clients, et des suivis de réclamation (les clients peuvent le faire via le site internet d’Enedis ou par les réseaux sociaux), Enedis et ses partenaires suivent à la trace les techniciens. Un compteur mal posé vaut une réclamation. Un technicien en retard à un rendez-vous avec un client ? une réclamation également. Au bout d’un certain nombre de réclamations, « l’indicateur de qualité » du prestataire passe dans le rouge. Et la sanction tombe : « Une pénalité financière. » Alors, comme Energy Dynamics et les autres partenaires veulent être bien notés, bien vus et surtout non pénalisés, ils vont sanctionner à leur tour… le technicien. Ainsi, à cause d’un trop grand nombre de réclamations et/ou de remarques de la part de son chef d’équipe, le technicien peut d’abord recevoir un avertissement, puis être mis à pied pendant une semaine avec suspension de salaire, voire ensuite être licencié pour faute.

 « Parfois les fils sortent de partout, ils sont abîmés, mais on doit toujours poser le Linky »

Pourtant « M. » et Thierry l’assurent d’une même voix : en France, le réseau électrique est usé à 80 %, les erreurs de pose sont donc inévitables. « On ne peut pas faire à tous les coups du neuf avec du vieux. » Thierry raconte avoir enlevé des compteurs datant de 1957 dans la région d’Aix-en-Provence. « Parfois les fils sortent de partout, ils sont abîmés, mais on doit toujours poser le Linky. » Il envoie un jour une photo d’une installation douteuse. « Je voulais leur montrer que c’était dangereux, mais j’avais toujours la même réponse : tu poses. » [1].

C’est à partir de ce moment-là que le père de famille a commencé à dire non. Il refusait lorsque l’installation lui paraissait dangereuse. Il refusait aussi de s’opposer frontalement aux clients. Car là est la troisième et dernière pression de la machine Linky. Le compteur suscite en effet de nombreuses angoisses de la part des Français. Intrusif dans nos vies privées, pas forcément plus économiques… [2]. De plus en plus de consommateurs refusent l’installation du Linky chez eux. Des choix qui devraient être respectés, selon Thierry.

Or, souvent agressé, insulté, parfois menacé, l’électricien supportait difficilement son quotidien. « On nous demandait de mentir aux clients pour poser le compteur coûte que coûte s’insurge-t-il. L’un des arguments que l’on devait donner était que le compteur était bon pour l’écologie ! » Le père de famille rit aux éclats tellement l’affirmation lui semble absurde. Alors, le bon petit soldat s’est transformé en rebelle. L’énorme croix occitane tatouée sur son bras et arborée fièrement sur son tee-shirt rouge en est un signe. Quand Thierry croit en quelque chose, il va jusqu’au bout. « Moi, je sonnais chez les gens, et je disais : vous voulez encore du Linky ? Ils étaient surpris », se souvient-il en souriant. C’est lui qui a appris à des gens qu’ils ont le droit de dire non. « Vous n’êtes pas obligés d’accepter, vous êtes chez vous. » Et lorsqu’il faisait face à un compteur scellé, « je ne le cassais pas, je le prenais en photo et je rentrais au bureau ».

Poussé à bout, malheureux dans son travail, Thierry a finalement demandé une rupture conventionnelle. « Je n’en pouvais plus », lâche-t-il. Energy Dynamics l’a laissé partir en octobre 2017, en ayant payé ce qu’elle lui devait. « Un soulagement » pour l’électricien, aujourd’hui au chômage. « Linky m’a bousillé, je n’arrive plus à faire confiance à personne, je ne peux travailler qu’en intérim. Les grosses boîtes, c’est fini. » Quant au déploiement des compteurs Linky, Thierry suit le sujet de près. Il a d’ailleurs refusé son installation chez lui. « Mais ils l’ont posé pendant mon absence, en profitant de ma mère, qui était malade. »

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Date de création : 05/10/2018 11:53
Dernière modification : 05/01/2021 12:59
Catégorie : Métiers - emplois - Presse
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